"appareillage"

installation 2015:
Prothèse-Visage, Masque-Tulipe, Casque-Oreille, Casque-Yeux, Casque-Cerveau, Applique-Bras, Main d'aile, Botte-armaturée, Botte-Pattin, Chapeau d’utilité, Laboratoire.

L’artiste scénarise une galerie de portraits et d’êtres qui sont autant de doubles imaginaires, de personnages androïdes, ou bioniques. Ces divers hybrides qu’invente Sophie Menuet tiennent à la fois du mécanique et du chimérique moderne, entre obsessions, et l’humour des cadavres exquis : leurs corps polymorphes semblent peupler les lieux de leur ironie, mais aussi de leurs mystères. Reproductions poétiques d’expérimentations de laboratoire ou fictions spatio-temporelles ?

Cette mise en scène, comportant aussi quelques objets fictionnels ou usuels ( guéridons, tables basses…), exploite les thématiques récurrentes de l’artiste, développées autour de principes de polarités : le simple et le complexe, les ressemblances et les différences, l’ombre et la lumière , le secret et le révélé, le féminin et le masculin .
Constituées de tissus, prothèses, parures ou carapaces, ces créatures données à voir, toutes différentes, étranges chimères de vertébrés et d’invertébrés, évoquent la mort, mais aussi la vie, une vie à rebours de l’évolution. Le travail de l’artiste explore la nature humaine dissimulée en chacun de nous, les limites de notre espace mental ou physique, et les constructions culturelles qui définissent des concepts tels que la terreur, la folie et la métamorphose. Son art, nourri de songes et de cauchemars, procède d’une poésie des contraires où les corps imaginés de ses sujets photographiés, dessinés ou animés, expriment l’exploration permanente de l’art et de ses limites.

Caroline Clément, extrait in catalogue " La nuit ouverte"